Masterclass Éloquence

    "Euh...", "Du coup..." : Le Guide Complet pour supprimer vos tics de langage

    Clément, fondateur
    12 min de lecture
    25 janvier 2025

    Vous sortez d'une réunion avec la conviction d'avoir été clair. Et puis quelqu'un vous envoie l'enregistrement. Ou vous regardez la vidéo.


    "Bonjour à tous, euh, merci d'être là, du coup on va regarder les chiffres, en fait ce qu'il faut comprendre, tu vois, c'est que..."


    Il y a deux versions de vous dans cette salle : celle que vous pensiez être, et celle que les autres entendent. Ce décalage est inconfortable à regarder en face. Mais il a un point de départ identifiable, et des solutions précises.


    🎤 Avant de lire la suite, testez votre niveau maintenant. 30 secondes au micro, vos mots d'appui s'affichent en direct. 80% des gens sont surpris par leur résultat.


    Détecteur de mots parasites, 30 secondes en direct

    Votre prompt

    Présentez votre travail comme si vous parliez à un nouveau collègue.

    • Le test dure 30 secondes.

    • Parlez naturellement, comme dans une vraie conversation.

    • Le moteur surligne en direct vos « euh », « du coup », « en fait », etc.

    • Aucune donnée n'est envoyée, la reconnaissance se fait dans votre navigateur.

    Reconnaissance vocale non supportée par ce navigateur. Pour le test live, utilisez Chrome ou Edge sur ordinateur. Sinon, créez un compte gratuit pour utiliser notre moteur Deepgram complet.





    Ce que sont vraiment les mots d'appui


    "Euh", "du coup", "en fait", "tu vois", "genre", "enfin"... On les appelle mots parasites, béquilles verbales, tics de langage. Le terme clinique est mots d'appui : des vocalisations qui remplissent le temps de traitement cognitif.


    En clair : pendant que votre cerveau cherche le mot suivant, votre bouche continue de produire des sons. Ce n'est pas de la paresse. C'est une stratégie inconsciente pour maintenir le canal de communication ouvert, pour signaler à l'autre "je n'ai pas fini, ne prenez pas le tour."


    Le problème : à haute fréquence, ces mots court-circuitent le message. Votre interlocuteur filtre, se fatigue, décroche.


    Les grands champions en français


    Le "Euh". Le plus universel. Un son voyelle neutre, la "musique d'attente" de votre cerveau pendant qu'il cherche le mot suivant.


    Le "Du coup". L'épidémie de la dernière décennie. À l'origine, il exprime une conséquence logique. Aujourd'hui, il sert à tout et à rien. Test simple : si vous pouvez le retirer d'une phrase sans en changer le sens, c'est un parasite.


    Le "En fait". Le justificateur. Il donne l'impression que ce que vous veniez de dire était incomplet ou faux. Utilisé souvent par anxiété de clarté.


    Les tics de connivence, "Tu vois ?" "Tu sais ?" "Hein ?" Ils cherchent à valider que l'autre suit. À haute dose, ils peuvent trahir un doute sur votre propre légitimité.




    La Chasse aux Fantômes


    (L'étape inconfortable que personne ne fait.)


    Vous ne pouvez pas supprimer ce que vous ne percevez pas. Le problème des mots d'appui, c'est qu'ils sont totalement inconscients. Vous les prononcez sans les entendre.


    La Chasse aux Fantômes, c'est l'opération de rendre visible l'invisible. Concrètement :


    1Enregistrez-vous 2 minutes en parlant de quelque chose de familier (votre journée, un projet)
    2Réécoutez à 0,75× la vitesse
    3Comptez vos mots d'appui, type par type

    (Oui, c'est désagréable. Oui, vous allez être surpris. Non, vous n'êtes pas le seul dans ce cas. La grande majorité des gens sous-estiment massivement leur fréquence de mots d'appui avant de se réécouter.)


    Le test au début de l'article fait ça pour vous en temps réel. Le voir en direct, en surbrillance, crée quelque chose que la réécoute seule ne fait pas : une conscience immédiate, dans le feu de la production.




    L'Expiration Muette


    (La technique la moins intuitive, la plus efficace.)


    La plupart des gens cherchent à supprimer le "euh". C'est la mauvaise cible. La bonne question est : qu'est-ce qui remplace le "euh" quand il disparaît ?


    La réponse : une expiration muette.


    Quand vous sentez un "euh" arriver, au lieu de l'émettre :

    1Fermez la bouche
    2Expirez doucement, silencieusement
    3Attendez que le mot suivant soit là
    4Parlez

    Ce micro-silence vous paraît interminable. Il dure une seconde. Pour votre auditoire, il est imperceptible. Et il dit quelque chose que le "euh" ne dit pas : "Je suis suffisamment à l'aise pour prendre mon temps."


    C'est le secret des orateurs qui semblent naturellement détendus : ils n'ont pas supprimé les "euh" en forçant. Ils ont appris à tolérer ce blanc d'une seconde.




    Les Îlots Propres


    (Commencer par un seul contexte, pas par tout changer d'un coup.)


    Décider de "ne plus jamais dire euh" est un objectif qui échoue. Trop large, trop abstrait, pas de feedback clair.


    Les Îlots Propres : choisissez un seul contexte précis où vous allez parler sans mots d'appui. Un seul. Par exemple : votre message d'accueil sur le répondeur professionnel. Ou la phrase d'introduction en réunion. Ou vos réponses aux questions posées directement à vous.


    Ce contexte délimité devient votre terrain d'entraînement. Vous ne changez rien ailleurs. Vous perfectionnez l'île. Progressivement, les îles s'étendent.


    Cette approche fonctionne parce qu'elle est concrète et vérifiable. Et parce qu'elle évite l'épuisement de l'hyper-vigilance permanente.




    Le Chronomètre Inversé


    (Pour les phrases à rallonge.)


    Les mots d'appui arrivent en masse quand les phrases sont trop longues. Vous perdez le fil, vous cherchez la suite, vous meublez.


    Le Chronomètre Inversé : avant de parler dans un contexte important, décidez d'une durée maximale par prise de parole. 30 secondes. 45 secondes. Et tenez-vous-y.


    Quand on sait qu'on a 30 secondes, on va droit au but. On structure avant d'ouvrir la bouche. Et les mots d'appui, qui servent à gagner du temps de construction en cours de phrase, deviennent moins nécessaires parce que la construction est faite avant.




    Est-ce que ça nuit vraiment à votre image ?


    Plus que vous ne le pensez dans les contextes formels. Moins que vous ne le craignez partout ailleurs.


    Les mots d'appui dégradent la perception de compétence dans les contextes formels : jury, entretien, réunion stratégique. À haute fréquence, ils signalent une pensée désorganisée ou un manque de préparation.


    Dans les conversations informelles, entre amis ou en famille, ils n'ont pratiquement aucun impact. Tout le monde en a, personne ne compte.


    La bonne calibration : viser une réduction dans les contextes formels. Pas la disparition totale. Un orateur sans aucun mot d'appui sonne souvent robotique. L'objectif est une fréquence basse, pas zéro.




    Quand les mots d'appui signalent autre chose


    Si vos mots d'appui sont nombreux, fréquents dans toutes les situations, et associés à des syllabes télescopées ou des fins de phrases avalées, ce n'est peut-être pas seulement des tics. Ça peut être un signe de bredouillement, où les mots d'appui servent à compenser un débit qui dépasse la capacité articulatoire.


    Dans ce cas, travailler les tics en surface sans s'occuper du débit sous-jacent est insuffisant. Lisez Suis-je bredouilleur ? pour mieux comprendre.





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    Il existe une méthode plus simple. Testez ParlerMoinsVite gratuitement.

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    Questions fréquentes


    Combien de temps pour réduire ses mots d'appui ?


    Sur un contexte ciblé (voir Les Îlots Propres), 2 à 4 semaines de pratique quotidienne produisent des résultats perceptibles. Sur l'ensemble des situations, comptez 2 à 3 mois. La clé : se réenregistrer régulièrement pour mesurer les progrès réels.


    Les mots d'appui sont-ils un signe de nervosité ?


    Partiellement. Le stress accélère le débit et perturbe le monitoring, ce qui augmente les mots d'appui. Mais beaucoup de personnes calmes en ont massivement, par habitude. La cause est souvent mixte.


    "En fait" ou "du coup" sont-ils vraiment des problèmes ?


    Seule la fréquence est un problème. Un "en fait" par minute de parole : personne ne le remarque. Un "en fait" toutes les 10 secondes : ça pollue le message. Faites le test de la réécoute pour mesurer votre fréquence réelle.


    Je n'entends pas mes mots d'appui quand je parle, pourquoi ?


    C'est normal. L'attention pendant la production est sur le sens, pas sur la forme. Le feedback externe (enregistrement ou détection en temps réel comme le test ci-dessus) court-circuite ce problème.


    Mes mots d'appui augmentent sous stress, comment gérer ?


    Le stress perturbe le monitoring et accélère le débit, ce qui pousse mécaniquement à meubler davantage. Combiner La Chasse aux Fantômes (prise de conscience de base) avec les techniques de gestion du débit sous stress : Stress et débit : 4 solutions.




    📖 Pour aller plus loin : Stress et débit : 4 solutions · 3 exercices pour ralentir · Comprendre le bredouillement · Test vocal gratuit en 30s
    Clément, fondateur de ParlerMoinsVite

    Clément — Fondateur de ParlerMoinsVite

    J'ai bredouillé pendant plus de 20 ans sans le savoir. En 2022, une orthophoniste spécialisée en fluence m'a aidé à comprendre et à travailler mon débit. C'est ce parcours qui m'a poussé à créer ParlerMoinsVite, l'outil que j'aurais voulu avoir dès le début.

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