Masterclass Éloquence

"Euh...", "Du coup..." : Le Guide Complet pour supprimer vos tics de langage

Ils détruisent votre crédibilité sans que vous vous en rendiez compte. Découvrez la psychologie derrière les mots parasites et la méthode en 3 étapes pour les éliminer grâce à l'analyse automatique.

Clément, fondateur
12 min de lecture25 janvier 2025

Vous sortez d'une réunion avec la conviction d'avoir été clair. Et puis quelqu'un vous envoie l'enregistrement. Ou vous regardez la vidéo.

« Bonjour à tous, euh, merci d'être là, du coup on va regarder les chiffres, en fait ce qu'il faut comprendre, tu vois, c'est que… »

Il y a deux versions de vous dans cette salle : celle que vous pensiez être, et celle que les autres ont entendue.

Ce décalage est désagréable à regarder en face. Bonne nouvelle : il a une cause identifiable et des solutions précises. Aucune ne consiste à « faire attention ».

Avant de lire la suite, testez votre niveau. 30 secondes au micro, vos mots d'appui s'affichent en direct. Presque tout le monde sous-estime sa fréquence réelle.
En bref : les mots d'appui ne sont pas de la paresse - ils occupent le temps pendant lequel votre cerveau cherche le mot suivant. On ne les supprime pas en se surveillant, mais en apprenant à tolérer une seconde de silence à leur place. Et l'objectif n'est pas zéro : c'est une fréquence basse dans les contextes qui comptent.
Détecteur de mots d'appui, 30 secondes en direct

Votre sujet

Présentez votre travail comme si vous parliez à un nouveau collègue.

• Le test dure 30 secondes.

• Parlez naturellement, comme dans une vraie conversation.

• Le moteur surligne en direct vos mots d'appui (aussi appelés mots parasites) : « euh », « du coup », « en fait »…

Votre voix est analysée au vol par le moteur de l'application. Rien n'est enregistré.


Le maillon qui manque : on n'entend pas ses propres tics.
Le maillon qui manque : on n'entend pas ses propres tics.
Euh, du coup… les mots d’appui · vidéo sous-titrée, 1 min 13

Ce que sont vraiment les mots d'appui

« Euh », « du coup », « en fait », « tu vois », « genre », « enfin »… On les appelle mots parasites, béquilles verbales, tics de langage. Le terme clinique est mots d'appui : des vocalisations qui remplissent le temps de traitement cognitif.

En clair : pendant que votre cerveau cherche le mot suivant, votre bouche continue de produire du son. Ce n'est pas de la paresse. C'est une stratégie inconsciente pour garder le canal ouvert et signaler « je n'ai pas fini, ne prenez pas le tour ».

Le problème apparaît à haute fréquence : le message passe au second plan. Votre interlocuteur filtre, se fatigue, décroche.

Les grands champions en français

Le « euh ». Le plus universel. Une voyelle neutre, la musique d'attente de votre cerveau.

Le « du coup ». L'épidémie de la dernière décennie. À l'origine il marque une conséquence ; aujourd'hui il sert à tout et à rien. Test simple : si vous pouvez le retirer sans changer le sens, c'est un parasite.

Le « en fait ». Le justificateur. Il laisse penser que ce que vous veniez de dire était incomplet. Souvent employé par anxiété de clarté.

Les tics de connivence : « tu vois ? », « tu sais ? », « hein ? ». Ils cherchent à vérifier que l'autre suit. À haute dose, ils trahissent un doute sur votre propre légitimité.


Concrètement, je fais quoi ?

Quatre techniques, dans cet ordre. La première ouvre les yeux, les trois autres travaillent.

1. La chasse aux fantômes

L'étape inconfortable que personne ne fait.

Vous ne pouvez pas supprimer ce que vous ne percevez pas, et les mots d'appui sont totalement inconscients. Vous les prononcez sans les entendre.

Rendre l'invisible visible, en trois gestes :

1Enregistrez-vous 2 minutes sur un sujet familier - votre journée, un projet en cours
2Réécoutez à 0,75× la vitesse
3Comptez vos mots d'appui, type par type

Oui, c'est désagréable. Oui, vous allez être surpris. Non, vous n'êtes pas un cas à part : presque tout le monde sous-estime massivement sa fréquence avant de se réécouter.

Le test en haut de page fait ce travail en direct. Voir ses mots d'appui surlignés pendant qu'on parle crée quelque chose que la réécoute ne donne pas : une conscience immédiate, dans le feu de la production.

2. L'expiration muette

La technique la moins intuitive, et la plus efficace.

La plupart des gens cherchent à supprimer le « euh ». Mauvaise cible. La vraie question : par quoi le remplacer ?

Par une expiration muette. Quand vous sentez le « euh » arriver :

1Fermez la bouche
2Expirez doucement, sans bruit
3Attendez que le mot suivant soit là
4Parlez

Ce micro-silence vous paraîtra interminable. Il dure une seconde, et votre auditoire ne le remarque pas. Il dit même quelque chose que le « euh » ne dit pas : je suis assez à l'aise pour prendre mon temps.

C'est le secret des orateurs qui paraissent détendus. Ils n'ont pas supprimé leurs « euh » en forçant. Ils ont appris à tolérer une seconde de blanc.

3. Les îlots propres

Commencez par un seul contexte, pas par tout changer d'un coup.

Décider de « ne plus jamais dire euh » est un objectif qui échoue : trop large, trop abstrait, aucun retour clair.

Choisissez donc un seul contexte précis où vous parlerez sans mots d'appui. Votre message d'accueil sur le répondeur professionnel. Votre phrase d'introduction en réunion. Vos réponses aux questions qui vous sont posées directement.

Ce terrain délimité devient votre zone d'entraînement. Vous ne changez rien ailleurs, vous perfectionnez l'île. Les îles s'étendent ensuite toutes seules.

Cette approche marche parce qu'elle est vérifiable, et parce qu'elle évite l'épuisement de l'hyper-vigilance permanente.

4. Le chronomètre inversé

Pour les phrases à rallonge.

Les mots d'appui arrivent en masse quand les phrases s'allongent : vous perdez le fil, vous cherchez la suite, vous meublez.

Avant une prise de parole importante, fixez-vous une durée maximale. 30 secondes. 45 secondes. Et tenez-la.

Quand on sait qu'on a 30 secondes, on structure avant d'ouvrir la bouche. Les mots d'appui, qui servaient à construire en cours de route, deviennent inutiles.


Est-ce que ça nuit vraiment à votre image ?

Plus que vous ne le pensez dans les contextes formels. Moins que vous ne le craignez partout ailleurs.

Les mots d'appui dégradent la perception de compétence dans les contextes formels : jury, entretien, réunion stratégique. À haute fréquence, ils signalent une pensée désorganisée ou un manque de préparation.

Dans les conversations informelles, entre amis ou en famille, ils n'ont pratiquement aucun impact. Tout le monde en a, personne ne compte.

La bonne calibration : viser une réduction dans les contextes formels. Pas la disparition totale. Un orateur sans aucun mot d'appui sonne souvent robotique. L'objectif est une fréquence basse, pas zéro.


Quand les mots d'appui signalent autre chose

Si vos mots d'appui sont nombreux, présents dans toutes les situations, et accompagnés de syllabes télescopées ou de fins de phrases avalées, ce ne sont probablement pas de simples tics.

Ça ressemble alors à un bredouillement, où les mots d'appui compensent un débit qui dépasse la capacité articulatoire.

Le piège, dans ce cas : travailler les tics en surface sans toucher au débit ne donne rien. Commencez par Suis-je bredouilleur ?.


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FAQ - vos questions sur les mots d'appui

Combien de temps pour réduire ses mots d'appui ?

Sur un contexte ciblé (voir les îlots propres), 2 à 4 semaines de pratique quotidienne donnent des résultats perceptibles. Sur toutes les situations, comptez 2 à 3 mois. La clé : se réenregistrer régulièrement pour mesurer les progrès réels.

Les mots d'appui sont-ils un signe de nervosité ?

Partiellement. Le stress accélère le débit et perturbe le monitoring, ce qui augmente les mots d'appui. Mais beaucoup de personnes calmes en ont massivement, par habitude. La cause est souvent mixte.

« En fait » ou « du coup » sont-ils vraiment des problèmes ?

Seule la fréquence l'est. Un « en fait » par minute : personne ne le remarque. Un « en fait » toutes les 10 secondes : le message est pollué. Le test de la réécoute vous donne votre fréquence réelle.

Je n'entends pas mes mots d'appui quand je parle, pourquoi ?

C'est normal. L'attention pendant la production est sur le sens, pas sur la forme. Le feedback externe (enregistrement ou détection en temps réel comme le test ci-dessus) court-circuite ce problème.

Mes mots d'appui augmentent sous stress, comment gérer ?

Le stress perturbe le monitoring et accélère le débit, ce qui pousse mécaniquement à meubler. Combinez la chasse aux fantômes avec les techniques de gestion du débit sous pression : Stress et débit : 4 solutions.


À retenir

  • Les mots d'appui ne sont pas de la paresse : ils occupent le temps de traitement pendant que votre cerveau cherche le mot suivant.
  • Vous ne les entendez pas. Enregistrez-vous deux minutes et réécoutez à 0,75× : c'est le seul point de départ honnête.
  • Ne cherchez pas à supprimer le « euh », remplacez-le par une expiration muette d'une seconde.
  • Visez un seul contexte à la fois. « Ne plus jamais dire euh » est un objectif qui échoue.
  • L'objectif n'est pas zéro. Un orateur sans aucun mot d'appui sonne robotique : viser bas suffit, et seulement là où ça compte.
  • Informations générales : elles ne remplacent pas l'avis d'un ou une orthophoniste ou d'un médecin. ParlerMoinsVite n'est pas un dispositif médical.

    Mis à jour le 27 septembre 2026

    Clément, fondateur de ParlerMoinsVite
    J'ai bredouillé toute ma vie sans le savoir. En 2022, une orthophoniste spécialisée en fluence m'a aidé à comprendre et à travailler mon débit. C'est ce parcours qui m'a poussé à créer ParlerMoinsVite, l'outil que j'aurais voulu avoir dès le début.
    Clément, fondateur

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