Peut-on demander des aménagements d'examen pour un bégaiement ?
Oui. L'article L. 112-4 du Code de l'éducation prévoit des aménagements des conditions de passation des épreuves orales comme écrites lorsqu'un handicap ou un trouble de la santé invalidant le rend nécessaire, dont l'octroi d'un temps supplémentaire. Les troubles de la fluence entrent dans ce cadre, sur avis d'un médecin désigné par la CDAPH.
Quand faut-il déposer la demande ?
La demande s'adresse à l'un des médecins désignés par la CDAPH, au plus tard à la date limite d'inscription à l'examen ou au concours concerné, sauf si le trouble est révélé après cette échéance. Pour une session de juin, cela signifie souvent l'automne précédent. La date exacte varie selon l'examen et l'académie : elle se vérifie auprès de l'établissement.
Quels aménagements demander pour une épreuve orale ?
Les plus utiles pour un trouble de la fluence sont le temps de préparation majoré, un temps de passage majoré pour que les blocages ne réduisent pas le contenu exposé, l'information de l'examinateur, la conservation des notes sous les yeux, et un ordre de passage connu à l'avance plutôt qu'un tirage au sort.
Le tiers temps est-il automatique quand on bégaie ?
Non, rien n'est automatique : chaque aménagement est proposé par le médecin désigné au vu de la situation, puis accordé par l'autorité qui organise l'examen. Pour un trouble de la fluence, le besoin porte d'abord sur les épreuves orales ; demander un temps majoré à l'écrit ne se justifie que si une fatigabilité ou un trouble associé l'explique.
Que faire si le candidat a déjà un PAP ?
Un PAP accordé au titre d'un trouble du neurodéveloppement, un PAI ou un PPS ouvre une procédure dérogatoire : la demande s'adresse directement à l'autorité qui organise l'examen, dans les mêmes délais, sans nouvel avis médical (article D. 351-28-1). Attention au piège : cette voie tombe dès que le candidat demande un temps majoré, ou des aménagements qui ne sont pas cohérents avec son plan. Il faut alors repasser par le médecin désigné.
Quelle pièce l'orthophoniste doit-il fournir ?
Le compte rendu de bilan est la pièce centrale du dossier : il nomme le trouble, décrit son impact concret sur la parole en situation d'épreuve orale, et appuie les aménagements demandés. Le PAP ou le PPS existant s'y ajoute.