Témoignage

Mon histoire avec le bredouillement : de « parle moins vite » à ParlerMoinsVite

Toute ma vie, on m'a dit « fais un effort » et « parle moins vite », sans que personne ne mette un mot sur ce que j'avais. Voici comment une orthophoniste a posé ce mot, et pourquoi j'ai construit un compteur de vitesse pour ma voix.

Clément, fondateur
7 min de lecture21 juillet 2026
Clément, fondateur de ParlerMoinsVite

Les dîners où je m'éteignais

J'ai toujours parlé vite. Mille idées à la minute, et une bouche qui essayait de suivre le cerveau. Résultat : des syllabes avalées, des mots télescopés, des phrases qui partaient plus vite qu'elles n'arrivaient.

Avant de lire mon histoire, mesurez votre débit ici même : 15 secondes de lecture (gratuit, sans inscription). Si vous vous reconnaissez dans ce qui suit, vous serez probablement au-dessus de 6,34 syllabes par seconde, le seuil atypique chez l'adulte.
Mini-bilan Vitesse Articulatoire, 15s

Lisez ce texte standardisé à voix haute

Le matin, je prends mon café sur la terrasse en regardant les oiseaux qui chantent dans les arbres voisins. C'est un moment simple mais précieux qui me met de bonne humeur pour la journée.

• Le test dure 15 secondes de lecture.

• Lisez à votre rythme habituel, pas de "performance".

• Le moteur calcule votre SPS (syllabes/seconde) en direct.

• Zone normo-fluente adulte : 3,5 à 6,34 SPS (étalonnage français de la Batterie d'Évaluation du Bredouillement : moyenne 5,6 en lecture).

Votre voix est analysée au vol par le moteur de l'application. Rien n'est enregistré.

Je voyais les signes chez les autres. Les sourcils froncés. Le regard poli qui décroche. Et la phrase couperet :

« Excuse-moi, je n'ai rien compris. Tu peux répéter ? »

Répéter. La spontanéité meurt. La blague tombe à l'eau. L'argument perd sa force. À force de répéter, j'ai fini par moins parler. Je m'éteignais.

« Fais un effort »

Le pire, ce n'étaient pas les répétitions. C'étaient les conseils.

« Répète ? » « On comprend rien. » « Fais un effort. » « Articule. » « Parle moins vite. » « Calme-toi. » (J'étais calme. C'était ma diction qui ne l'était pas.)

Ces phrases, je les ai entendues des centaines de fois, et jamais personne n'a mis un mot sur ce que j'avais. Alors j'ai fait ce qu'on fait tous dans ce cas : j'ai cru que c'était moi. Un défaut de volonté, un truc à corriger en me concentrant plus fort. La confiance s'use vite à ce régime.

Et j'ai longtemps gardé une autre idée fausse : je croyais être le seul dans ce cas.

Ce qu'on m'a dit pendant des années, et ce qui se passait vraiment.
Ce qu'on m'a dit pendant des années, et ce qui se passait vraiment.

Le mot qui a tout changé

En 2022, j'ai poussé la porte du cabinet d'une orthophoniste, à Annecy. J'arrivais en pensant simplement que je parlais trop vite. Elle m'a écouté, elle a mesuré, et je suis reparti avec un mot : bredouillement.

Un trouble de la fluence. Neurodéveloppemental. Documenté par la recherche. Rééducable. Pas un manque d'efforts.

Je ne sais pas décrire ce que ce mot m'a fait. Un bilan avait réussi là où des années de « fais un effort » avaient échoué : je n'étais plus un problème, j'avais quelque chose qui portait un nom.

Et je suis reparti avec une découverte : c'est bien plus fréquent qu'on ne le croit. Rien que savoir que je n'étais pas seul m'a fait un bien fou. Nous sommes très nombreux à bredouiller, mais nous ne le savons pas, parce que personne n'en parle. Si vous voulez comprendre ce trouble en profondeur, le guide complet du bredouillement rassemble tout.

Le déclic du compteur de vitesse

En séance, j'ai découvert la grande particularité du bredouillement : je ne me rends pas compte que j'accélère. Sur le moment, ma parole me semble normale. Mon compteur de vitesse interne est cassé. Le problème n'était pas ma volonté : c'était ma perception.

Les exercices à la maison, par contre, c'était une autre histoire. Aucun outil n'était vraiment adapté. Je m'enregistrais sur WhatsApp, je réécoutais, et je comptais moi-même mes syllabes avec des petits bâtonnets sur un papier pour savoir si j'allais trop vite. (Pas idéal pour rester motivé.) Mon orthophoniste avait du mal à me prescrire des exercices, et moi à les faire.

Et là, réflexe de geek assumé (le jour, je dirige une entreprise d'escape games à imprimer, le reste du temps je bidouille) : ce qu'on ne mesure pas, on ne peut pas le corriger. Une voiture sans compteur ne connaît pas sa vitesse. Alors j'ai créé l'outil que j'aurais rêvé avoir : un compteur de vitesse pour ma voix.

Un moteur d'analyse qui compte mes syllabes par seconde pendant que je parle. Une zone de confort, définie sur des repères cliniques. Une vague verte apaisante quand je suis dedans. Et dès que je déborde, la vague passe au rouge et s'agite.

L'entraînement entre les séances

Le soir, je prenais un livre et je lisais à voix haute avec ma vague verte. Un seul objectif : ne jamais la faire passer au rouge.

Au début, c'était rouge toutes les dix secondes. Puis mon cerveau a commencé à associer la sensation physique de détente à la couleur verte. En trois semaines, mon débit naturel s'était recalibré.

Soyons précis, parce que c'est important : je bredouille encore. Il n'y a pas de baguette magique, et l'application ne remplace pas mon orthophoniste. Elle prolonge ses séances à la maison, entre deux rendez-vous : c'est différent, et c'est complémentaire. Mais aujourd'hui je sens quand j'accélère, avant que mon interlocuteur décroche. C'est exactement ça, reprendre le contrôle.

Pourquoi j'en ai fait un site pour tout le monde

En racontant mon histoire, j'en ai eu la preuve : je n'étais vraiment pas seul. Des étudiants qui redoutent leur Grand Oral. Des pros qu'on fait répéter en réunion. Des enfants à qui on dit « articule » sans que ça change rien. Et le même point commun partout : personne ne connaît le mot.

C'est pour ça que ce site existe : le guide du bredouillement, le quiz des idées reçues à partager aux proches, les outils gratuits, et l'application pour s'entraîner avec son orthophoniste.

L'outil n'arrête pas d'évoluer grâce aux retours d'orthophonistes et de patients : des vocaux, des messages, des captures d'écran. Je ne suis pas orthophoniste, je suis un patient bredouilleur.

Huit situations que j'ai vécues : cochez celles qui vous parlent, je vous dis ce que j'en pense.

Vous vous reconnaissez ?

Huit situations que j'ai vécues. Cochez celles qui vous parlent. Rien n'est enregistré, rien n'est diagnostiqué.

0 situation sur 8

Et vous ?

Si on vous demande souvent de répéter, commencez par ce que j'aurais aimé faire des années plus tôt : faites le test vocal complet (2 minutes, gratuit), lisez le guide, et si ça résonne, parlez-en à un orthophoniste. Le mot change tout. Le reste s'entraîne.

Mesurez un débit de parole en 2 minutes.

Vous lisez, puis vous parlez. Gratuit, sans inscription.

Tester mon débit gratuitement

Informations générales : elles ne remplacent pas l'avis d'un ou une orthophoniste ou d'un médecin. ParlerMoinsVite n'est pas un dispositif médical.

Mis à jour le 29 septembre 2026

Clément, fondateur de ParlerMoinsVite
J'ai bredouillé toute ma vie sans le savoir. En 2022, une orthophoniste spécialisée en fluence m'a aidé à comprendre et à travailler mon débit. C'est ce parcours qui m'a poussé à créer ParlerMoinsVite, l'outil que j'aurais voulu avoir dès le début.
Clément, fondateur

Et vous, où en est votre débit ?

Deux enregistrements de 30 secondes : vous lisez, puis vous parlez. Le résultat s'affiche aussitôt, avec des repères pour le situer.

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  • Résultat en 2 minutes
  • Vos enregistrements restent privés